Introduction

Une autre
Afrique
existe

 

Une autre Afrique Existe

L'analyse :

En 2000, The Economist tirait un trait sur l’Afrique, la taxant de “continent sans espoir”. En 2012, il publiait “L’Afrique se lève, un continent plein d’espoir”. L’Afrique serait aujourd’hui devenue le continent des “lions de l’économie en mouvement”. Le pessimisme extrême qui entourait l’Afrique il y a dix ans n’était pas justifié. Pas plus que la vague actuelle d’optimisme aveugle.

Les économies africaines continuent de croître plus rapidement que n’importe quelles autres – et deux fois plus vite que dans les années 1990. L’amélioration de la gestion économique a contribué à l’explosion de la croissance. Les exportations sont florissantes, et les marchés d’exportation se sont diversifiés. L’investissement étranger direct(IDE)a été multiplié par six en 10 ans. Une classe moyenne est en train d’émerger et le nombre de personnes vivant dans la pauvreté a chuté.

Le bilan n’est cependant pas sans nuages. Certains pays africains s’enrichissent, mais des pans entiers de la société sont laissés pour compte. À l’issue d’une décennie de croissance soutenue, près de la moitié des africains vivent toujours avec moins de 1,25 dollar par jour. L’accès inégal à la santé, à l’éducation, à l’eau et aux installations sanitaires creuse les inégalités. Les petites exploitations agricoles n’ont pas eu leur place dans la croissance ; des populations rurales restent enlisées dans la pauvreté et la vulnérabilité.

Ces inégalités ne sont pas sans conséquences. Elles affaiblissent les liens de confiance et de solidarité qui constituent le tissu social. A long terme, elles sapent la croissance économique, la productivité et le développement des marchés, elles affaiblissent la confiance dans les gouvernements et les institutions. La croissance économique ne se suffit pas à elle toute seule.

Le « Rapport 2012 sur les progrès en Afrique » appelle trois ingrédients indispensables pour transformer une reprise économique prometteuse en relance soutenue et en un développement humain durable : les emplois, la justice et l’équité.


Les chiffres

  • 5,6% de croissance sur la période 2000-2008, 5,4% pour 2012-2013
  • 10 des 15 pays du monde avec la plus forte croissance économique en 2010 se trouvaient en Afrique
  • 1.600 milliards de dollars de PIB pour l'ensemble des pays africains en 2008, soit la deuxième région avec la plus forte croissance après l'Asie du Sud-Est
  • 2600 milliards de dollars chiffre d'affaires cumulé des secteurs des biens et services de consommations, ressources naturelles, agriculture et infrastructures en 2020
  • 3% de croissance de la productivité par an, contre 2,3% en Amérique
  • 2 à 4% de progression de la production de pétrole, de gaz naturel,de minerais par an, augmentant les revenus associés de 430 milliards à 540 milliards de dollars d'ici 2020
  • 880 milliards de dollars de production agricole en 2030 (trois fois plus qu'en 2013)

D'après :

Rapport 2012 sur les progrès en Afrique - Emploi, Justice, Equité: Les opportunités à saisir
en période de bouleversements économiques, politiques et sociaux »
Africa Progress Panel - 2012
Thèmes
 

Chapitre 1

Les
Symptômes
d'un monde
en transition

Les symptômes d’un monde en transition

L'analyse :

La période 2007/2008 s’est caractérisée par la manifestation simultanée de plusieurs crises : alimentaires, énergétiques, financières et climatiques. Les observations ont témoigné que plusieurs interactions les animaient : nous faisions face à l’éclosion d’une crise systémique.

En 2013, cette crise multiforme n’est pas résorbée. La crise de la dette privée s’est mutée en crise de la dette publique (Europe, Etats Unis). Des facteurs de stress alimentaires, énergétiques et climatiques restent manifestes. Les émissions de gaz à effets de serres continuent à franchir des paliers de plus en plus élevés.

Ce risque de crise systémique est le témoignage d’une transition économique et environnementale globale. Son système est principalement alimenté par les nouveaux défis du développement : les ressources naturelles sont plus difficilement accessibles, les changements environnementaux affectent les outils de production et les conditions de vie. Ces défis se cristalliseront au rythme d‘un troisième: la croissance démographique africaine.

A des degrés différents, ces défis économiques, environnementaux et sociaux s’observent en Afrique. Les médias européens parlaient alors « d’émeutes de la faim », les nôtres pointaient plutôt des « émeutes de la vie chère », témoignant des divergences d’analyse. A juste titre.

Les « émeutes de la vie chère » en Afrique de l’Ouest, fin 2007 / début 2008, furent la réponse sociale à 2 années d’inflation des prix alimentaires et énergétiques. L’aléa climatique en fût le catalyseur : les inondations subies par la région en fin de la saison des pluies 2007, les pires depuis 10 ans, avaient détruit des récoltes et des élevages. La perte de production locale a entrainé une inflation alimentaire. Parallèlement, les hydrocarbures s’élevaient vers des prix historiques : l’inflation des coûts de production et de transport se répercuta sur la consommation : prix alimentaire, prix énergétiques, etc.…

L’Afrique a certes montré sa résilience aux crises économiques occidentales. La limitation des ressources, la hausse de leurs prix encouragent maintenant les explorations pétrolières dans les eaux profondes du Golfe de Guinée, l’exploitation de minerais, l’intensification des productions agricoles, etc. Ces activités génèrent des emplois et des revenus pour les populations africaines.

Mais sans hausse des revenus, ces populations achèteront difficilement les produits transformés à partir de ressources. Nos populations sont résilientes, accoutumées à faire face à l’adversité, aux aléas de la vie. Mais si leurs conditions de vies deviennent difficiles alors que les inégalités sociales deviennent de plus en plus visibles, les risques de tension sociales s’accroitront.


Les chiffres

  • Burkina Faso – février mars 2008 : Trois cents manifestants arrêtés dans les émeutes. Les syndicats ont défilé exigeant de nouvelles réductions des taxes et des prix. Le gouvernement a suspendu les taxes sur les importations de produits alimentaires de base pendant trois mois.
  • Côte d’Ivoire – mars & avril 2008 : 1 mort et 20 blessés lors des protestations contre la vie chère. Le gouvernement suspendra temporairement les taxes sur les produits de première nécessité.
  • Guinée – janvier/février 2007, mai/juin 2008 : En 2007 des émeutes alimentaires ont inclus les travailleurs et le public exigeant une baisse des prix. Une grève générale a suivi, avec affrontement et des morts. En mai et juin, le réseau IRIN fait mentions d’émeutes mais avec peu de renseignements précis.
  • Sénégal, Novembre 2007 & Mars 2008 : 18 syndicats du Sénégal ont défilé en Novembre, protestant contre l'augmentation du coût des aliments de base. Il y eut 24 arrestations lors d’affrontements avec la police en Mars.
  • Etc.

D'après :

« We are Hungry! A Summary Report of Food Riots, Government Responses, and States of Democracy in 2008 »
Cornell University, USA, 2008

Chapitre 1

La
Croissance
démographique

LE POUVOIR DE LA DEMOGRAPHIE

L'analyse :

La démographie est l’un des domaines dans lequel le visage du futur peut être anticipé avec un certain degré de précision.

L’Afrique est au milieu d’un changement démographique profond. La population s’accroît plus vite que dans n’importe quelle autre région. Les prochaines décennies verront une explosion du nombre de personnes jeunes vivant dans cette région.

Avec des taux de fertilité commençant à décroître, l’Afrique pourrait être à l’orée de la révolution démographique expérimentée par l’Asie il y a trois décennies. Au fur et à mesure que le nombre de personnes en âge de travailler devient plus grand que celui des personnes dépendantes, la croissance économique devrait s'accélérer. Cela constitue un dividende démographique, représente une opportunité.

Le risque est que ce dividende potentiel devienne un désastre démographique caractérisé par des niveaux élevés du chômage des jeunes, des bouleversements sociaux et des problèmes liés à la faim. Les résultats dépendront de ce que la jeune génération africaine actuelle accomplisse sa transition vers l’âge adulte avec l’éducation et les compétences nécessaires pour réaliser son potentiel, et de ce que la création d’emplois prenne ou non son essor.

Cette transition est déjà difficile. En l’absence de création d’emplois sur une très large échelle, elle deviendra plus difficile encore.

Au cours des dix dernières années, le nombre de personnes âgées de 15 à 24 ans en Afrique est passé de 133 millions à 172 millions. En 2020 ce chiffre atteindra les 246 millions. Par conséquent, 74 millions d’emplois supplémentaires devront être créés au cours de la prochaine décennie pour simplement éviter que le taux de chômage des jeunes augmente. Le pouvoir de la démographie au service du développement est à cette condition.


Les chiffres

  • 1 milliard d’habitants sur le continent africain en 2010, 2 milliards en 2050
  • 1,1 milliard d'Africains en âge de travailler en 2040
  • L’âge moyen est de 18,6 ans, soit 108 millions d'élèves en plus dans les 10 prochaines années
  • 30 millions d'enfants sont déscolarisés et moins de 40% des jeunes en âge accèdent à l'enseignement secondaire
  • 3% de croissance de la productivité par an, contre 2,3% en Amérique
  • 10% de la main d'œuvre mondiale se trouve en Afrique, contre 21% en 2050.

D'apres :

Rapport 2012 sur les progrès en Afrique - Emploi, Justice, Equité: Les opportunités à saisir en période de bouleversements économiques, politiques et sociaux » Africa Progress Panel - 2012,

Chapitre 1

Les
Changements
environne-
mentaux

Un Demi Siècle de Changements Environnementaux

L'analyse :

L’évidence d’un réchauffement planétaire liée aux activités industrielles et énergétiques de l’homme n'est plus contestable. Ce réchauffement entraine des changements climatiques caractérisés par l’augmentation des températures, la variation des régimes pluviométriques et l’accroissement des catastrophes climatiques.

L'altération des variables climatiques modifie les services rendus à l’homme par les écosystèmes. Les sociétés et les systèmes de production humains sont ainsi affectés par des changements environnementaux intersectoriels et multisectoriels. Un changement pluviométrique aura des impacts sur des systèmes de production agricoles et hydroélectriques, modifiera les vecteurs d’apparition et de propagation de maladies, et pourra entraîner des migrations de nature à engendrer des conflits.

Les changements environnementaux ne sont pas une menace future en Afrique, mais une réalité mesurée depuis plus d’un demi-siècle. Les tendances climatiques régionales observées témoignent que les températures globales ont augmenté, les sécheresses sont plus récurrentes et plus graves, les inondations se sont produites plus fréquemment et avec plus d'intensité. Ces aléas environnementaux affectent de manière significative le cadre de vie et les moyens de subsistance des populations. L’occupation des terres a profondément changé sous la pression des migrations et de la déforestation.

Les pays de la région se partagent des ressources en eau de surface concentrées au sein de quelques bassins versants dont les principaux sont celui du Niger, du lac Tchad, du Sénégal, de la Gambie, et de la Volta. L’accroissement des besoins en eau constitue un autre facteur majeur du prélèvement de cette ressource. L’agriculture ouest-africaine est directement sensible aux aléas climatiques. Les zones pastorales et agro-pastorales seront sans doute les plus affectées par les variations climatiques. Les cultures vivrières, principalement axées sur la production céréalière, dépendent essentiellement des caractéristiques de la saison des pluies à côté d’autres facteurs climatiques ou environnementaux.


Les chiffres

  • La moitié de la population des pays sahéliens ont connu une hausse des températures de 0,5° à 1° Celsius, et 15 % une hausse de plus de 1° C.
  • 54 % de la population des pays sahélien a fait face à cinq ou plusieurs inondations depuis 1985.
  • Sans politique d’adaptation, une élévation du niveau de l’océan de 0,5 mètre d’ici 2100 provoquerait des dégâts aux infrastructures estimés à 4,7 milliards en Côte d’Ivoire (1/4 de son PIB en 2008) ou 9 milliards au Nigeria (10 % de son PIB en 2008).
  • Le débit du fleuve Niger a diminué de 30 % entre 1971 et 1989 ; celui des fleuves Sénégal et Gambie de près 60 %.
  • D’ici 2100, les pertes estimées sur le secteur agricole varient entre 2 et 4 % du PIB régional

D'après :

« Atlas de l’intégration régionale Ouest Africaine - Le Climat et 
Les Changements Climatiques » OCDE/CEDAO 2008

Chapitre 1

Les
Pressions
de la vie chère

Bientot

Chapitre 2

Les
Limites
de la croissance

Bientot

Chapitre 2

Le
Développement durable

Bientot

Chapitre 2

La
Transition
verte

Bientot

Chapitre 3

Le
Zaï
agricole

Bientot

Chapitre 3

Le
Zaï
forestier

Bientot

Chapitre 3

Science
et Traditions

Bientot

Chapitre 4

La
Valorisation
traditionnelle
des déchets urbains

Bientot

Chapitre 4

La
Production de
bioelectricité

Bientot

Chapitre 4

La
Production de
biofertilisants

Bientot

Chapitre 4

Innovations et
développement

Bientot